Dès le mois de mars, les abeilles sauvages font leur nid dans vos Dorlotoirs. Elles construisent des cellules en enfilade, chacune de ces cellules contenant un œuf et un stock du pollen. La larve issue de l’œuf consomme le stock de pollen pour se développer, grandir et construire son cocon, dans lequel elle passera ensuite de longs mois avant d’éclore. Les nids des abeilles maçonnes peuvent représenter de véritables garde-manger pour certains parasites qui n’hésitent pas à s’attaquer aux nids de vos petites butineuses. Quels sont les principaux parasites que l’on retrouve dans les nids des abeilles sauvages ? Comment limiter leur impact ?

L’acarien du pollen (espèce Chaetodactylus osmiae)

Quel est le mode d’action de cet acarien ?

 Ce type d’acarien se nourrit de pollen et peut donc être présent sur certaines fleurs. Lorsque l’abeille sauvage butine et repart de la fleur les poils chargés de pollen, elle peut ramener – bien malgré elle – des acariens dans son nid. Une fois installés dans les cellules du nid, ces petits parasites se reproduisent et s’attaquent aux réserves de pollen.

Au début du printemps, lorsque les jeunes abeilles d’autres cellules sortent du nid, elles passent à travers ces cellules infestées par les acariens, et deviennent porteuses à leur tour. Il existe de nombreuses photos de ces pauvres abeilles, disparaissant pratiquement sous une montagne d’acariens, presque incapables de voler sous leur poids (voir ci-dessus).

Comment préserver les populations d’osmies des acariens du pollen ?

D’une année sur l’autres, les acariens de cette espèce peuvent se multiplier dans les hôtels à insectes. D’où l’importance de ne pas laisser les nichoirs ou hôtels à insectes livrés à eux-mêmes : ils deviendraient rapidement pleins de ces petits parasites et affaibliraient considérablement les générations d’abeilles qui viendraient nicher dans l’abri au fil des années.

En renvoyant vos cocons à l’équipe des Dorloteurs à la fin de l’automne, vous permettez à vos cocons d’être débarrassés de ces parasites. Cela vous permet également de bien nettoyer vos Dorlotoirs en prévision de la saison suivante !

La mouche drosophile (espèce Cacoxenus indagator)

Comment agit la mouche drosophile ?

Cette mouche, aussi connue sous le nom de Cacoxenus indagator, est un parasite particulièrement redoutable pour les nids des osmies. Pendant la phase de construction du nid, elle attend que l’abeille se soit éloignée du Dorlotoir pour aller chercher du pollen. Elle pénètre alors dans son nid et pond ses propres œufs sur le stock de pollen laissé par l’abeille avant de ressortir aussitôt.

Une fois que la mouche a pondu, nous observons l’apparition d’asticots blancs et de filaments très fins et oranges vifs qui occupent une grande partie des cellules infestées. Ces larves de mouche vont se nourrir du pollen et affamer la larve d’abeille en développement, sans toutefois s’en prendre directement à elle.

Le cycle de cette mouche coïncide particulièrement avec celui de l’osmie cornue, ce qui en fait un de ses parasites principaux.

Si les études ne l’ont pas démontré clairement, il est possible que cette petite mouche s’immisce aussi dans les nids d’osmia cornuta en fissurant le bouchon de terre et en y pénétrant pour pondre ses œufs.

Comment limiter l’impact de la mouche Cacoxenus indagator sur les larves d’osmies ?

Ce parasite est si répandu et si fréquent qu’il est difficile de limiter son intervention dans les nids des osmies lorsque ces dernières sont en période de nidification. Il est toutefois conseillé de mettre les nids à l’abri dès que possible : en retirant les tunnels en carton dès qu’ils sont bouchés par les abeilles ou en mettant un filet autour du Dorlotoir par exemple.

Le clairon des abeilles solitaires (Trichodes alvearius)

Quel est l’impact du clairon des abeilles sur les nids d’abeilles sauvages ?

Ce petit insecte rouge et noir pond dans les nids des abeilles sauvages et ses larves oranges dévorent les larves d’abeilles en développement. Particulièrement vorace, une seule larve de ce parasite peut décimer plusieurs cellules d’un nid d’abeille solitaire (osmie ou mégachile).

Que peut-on faire pour protéger les abeilles sauvages du clairon des abeilles ?

De même que pour tous les autres types de parasites, il faut mettre les nids des abeilles sauvages à l’abri le plus vite possible. Dès qu’un tube en carton est bouché, retirez-le du Dorlotoir pour le mettre à l’abri. Il est également possible d’utiliser des filets pour bloquer l’accès aux parasites et prédateurs un peu trop curieux.