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Dorloteurs

Que la récolte des cocons 2021 commence !

Publié le 14 septembre 2021

Avez-vous remarqué comme les abords des Dorlotoirs sont plus calmes en cette rentrée ? Après les maçonnes de printemps, les coupeuses de feuilles et les cotonnières d’été, la plupart des abeilles sauvages ont terminé leur période de vol. Mais cette étape est cruciale pour vous, chers Dorloteurs et Dorloteuses !

Zoom sur la récolte des cocons

Si les abeilles sont en période de « sommeil », il n’en est rien pour vous, Dorloteurs et Dorloteuses ! Il est l’heure de récolter vos précieux cocons pour nous les renvoyer. Ils seront débarrassés des parasites et des prédateurs qui ont pu s’installer dans certains nids, et seront conservés dans des conditions idéales pendant l’automne et l’hiver.

Visionnez les vidéos tuto et laissez-vous guider dans la récolte de vos cocons !

Dorlotoir Cabane

Dorlotoir Mimosa

1 – Le matériel dont vous avez besoin

  1. L’enveloppe affranchie fournie dans votre kit
  2. Les tubes en carton contenant des nids d’abeilles maçonnes
  3. La petite boite ronde en carton (pour les Dorlotoirs Cabane uniquement)
  4. Une petite spatule à café, touillette en bois ou équivalent (pour les Dorlotoirs Cabane uniquement)

2 – Quels tubes renvoyer ?

Vous pouvez nous renvoyer les tubes en carton dans lesquels des abeilles maçonnes ont fait leur nid. Pour les identifier : rien de plus simple ! Cela correspond aux tubes bouchés par de la terre. Attention, certains tubes peuvent sembler vides parce que l’abeille n’aura pas construit le nid jusqu’au bout. Pour vérifier qu’un tube est vide, retirez délicatement son bouchon en plastique noir et regardez au travers. Si vous voyez de l’autre côté du tube, c’est qu’il est bien vide : pas besoin de le renvoyer. Autrement, une petite habitante y a sûrement fait son nid !

Vous pouvez conserver chez vous jusqu’au printemps prochain les nids d’abeilles coupeuses de feuilles (fabriqués à partir de fragments de feuilles), les nids d’abeilles cotonnière (matière blanche semblable à du coton), les nids de la guêpe Isodontia Mexicana (épines sèches et sauterelles), ou les nids des abeilles résinières (fabriqués à partir de résine en une matière très collante de laquelle il est difficile d’extraire les cocons).
Dans le Dorlotoir Mimosa, conservez bien les tubes transparents, desquels nous ne pourrions pas extraire les cocons. Ils vous permettront d’observer un cycle complet jusqu’aux éclosions au printemps prochain.

3 – Comment récolter vos cocons ?

  • Dans le Dorlotoir Mimosa

Il vous suffit d’appuyer sur l’avant du tube en carton pour le faire ressortir à l’arrière du Dorlotoir. Récupérez votre tube en le retirant délicatement par l’arrière !

  • Dans le Dorlotoir Cabane

Retirez la planchette en bois supérieure. Vous avez alors accès à la première rangée de tubes en carton, que vous pouvez ainsi récupérer. Retirez la seconde planchette pour accéder à la seconde rangée de tubes, et ainsi de suite. Pour les cocons du tiroir d’observation, dévissez la plaque transparente et récupérez les cocons à l’aide d’une petite spatule ou touillette en bois.

4 – Comment préparer votre envoi ?

Munissez-vous de l’enveloppe affranchie fournie dans votre kit de départ. Inscrivez-y votre CODE DORLOTEUR. Cette étape est primordiale : elle nous permettra d’identifier que ces cocons viennent de chez vous et nous pourrons ainsi vous prévenir de la bonne réception de vos protégées !

Glissez les tubes en carton directement dans l’enveloppe. Si vous avez récupéré des cocons dans le tiroir de votre Dorlotoir Cabane, ajoutez-y votre petite boîte ronde.

5 – Informez-nous de l’envoi de vos cocons !

Connectez-vous à votre compte, sur le site internet ou depuis l’application, rubrique « Mes cocons ». Indiquez le nombre de tubes envoyés et la date d’envoi. Nous vous informerons de la bonne réception de vos petites protégées !

Merci pour votre confiance et à très vite pour des nouvelles de vos petites protégées ! 🐝

Les osmies ou abeilles maçonnes ont un mode de vie très particulier et encore méconnu. Découvrez 7 infos surprenantes sur ces abeilles sauvages !

1 – Les osmies ne fabriquent pas de miel

Contrairement à leur cousine domestique (apis mellifera), les abeilles maçonnes ne fabriquent pas de miel. Cela est notamment lié à leur cycle de vie : leur période de vol ne dure que quelques semaines au printemps. En hiver, c’est la génération suivante qui se développe au chaud dans les cocons. Elles n’ont donc pas besoin de constituer de réserves alimentaires pour passer l’hiver !

2 – Il n’y a pas de reine chez les abeilles sauvages : chaque femelle pond ses propres œufs

Les abeilles sauvages sont aussi appelées « abeilles solitaires » car elles n’ont pas d’organisation sociale. Chaque osmie femelle construit donc son propre nid et pond ses propres œufs. Cela est bien différent de l’abeille à miel : dans la ruche, chaque individu a un rôle bien défini et seule la reine pond des œufs. 

3 – Les abeilles sauvages maçonnes ne piquent pas

Les osmies mâles n’ont pas de dard et celui des femelles est très fin et percerait difficilement la peau. D’un point de vue comportemental, les osmies sont aussi plus discrètes et plus douces que les abeilles à miel. Pourquoi ? Une abeille mellifère peut se sacrifier pour défendre le reste de la ruche. Elle sait que si elle pique, elle mourra, mais que des dizaines de milliers d’autres abeilles pourront prendre le relais. En revanche, si une abeille solitaire pique et meurt, aucune autre abeille ne prendra le relais pour terminer le nid et protéger sa progéniture. Une osmie préfèrera donc prendre la fuite et se mettre à l’abri plutôt que piquer !

4 – Les abeilles sauvages mâles sortent du nid plus tôt que les femelles

Les osmies mâles, reconnaissables à la touffe de poils blancs sur la tête, sortent du nid quelques jours avant les femelles. En effet, lorsqu’une abeille pond, elle peut décider du sexe de l’œuf : un œuf fécondé donnera naissance à une femelle tandis qu’un œuf non fécondé deviendra un mâle. Les œufs femelles sont pondus au fond de la galerie et les œufs mâles vers la sortie du nid. Ainsi, les mâles éclosent les premiers et attendent patiemment les femelles pour la période de reproduction !

5 – La dernière cellule à l’extrémité du nid de l’osmie est laissée vide

Lors du processus de nidification, l’osmie laisse une cellule vide à l’extrémité de son nid. Cela correspond à un sas de sécurité qui découragera les oiseaux ou autres prédateurs qui s’intéresseraient aux cocons d’un peu trop près.

6 – Les abeilles maçonnes sont de redoutables pollinisatrices

Les abeilles maçonnes se déplacent très vite de fleur en fleur pour ne pas rester trop longtemps loin de leur nid. Elles visitent donc un très grand nombre de fleurs sur une courte période. De plus, elles transportent le pollen sec sur les poils de leur abdomen. Il s’en détache très facilement et permet une excellente pollinisation ! Les abeilles mellifères mélangent quant à elles ce précieux pollen avec du nectar pour former des boulettes qu’elles transportent dans des réceptacles sur leurs pattes arrière. Le pollen est ainsi mieux fixé et tombe moins facilement lors du transport.

7 – Les osmies s’éloignent très peu de leur nid

Lorsqu’une abeille solitaire s’éloigne de son nid, sa progéniture est laissée à la merci des prédateurs et parasites : rongeurs, oiseaux, mouches, guêpes coucous, etc. Elle reste donc toujours à proximité de son nid, dans un rayon maximal de 250 mètres.

Qui sont les guêpes-coucou ou chrysides ?

Publié le 5 juillet 2021
guepe-coucou-chryside

Non, elles ne sortent pas tout droit du dernier Star Wars ni d’un clip de Boney M. Ces guêpes sont bien réelles et certains d’entre vous ont pu les apercevoir dans leurs Dorlotoirs. Ce sont des Chrysides (chrysididae), plus communément appelés « guêpes-coucou ». Elles sont ce que l’on appelle des cleptoparasites. A la manière du coucou, oiseau auquel elles empruntent une partie de leur nom, elles s’approprient les réserves de nourriture d’autres animaux afin d’assurer la survie de leur progéniture. On peut également les qualifier de « parasitoïdes ». Les parasitoïdes sont des parasites qui tuent leur hôte. C’est très souvent ce qu’il arrive quand une larve de guêpe-coucou est pondue près de la larve de l’hôte. Les adultes eux, butinent les fleurs et se nourrissent de nectar. Très colorées, ces guêpes parasitent surtout des nids de guêpes et d’abeilles, au détriment des larves de ces dernières.

La famille des chrysides

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On dénombre dans le monde plus de 3000 espèces de cette famille. On les retrouve sur tous les continents, à l’exception de l’Antarctique. Leur identification précise n’est parfois pas chose aisée et reste réservée aux experts tant la distinction entre 2 espèces peut quelquefois se jouer à quelque détail microscopique et invisible pour les non-initiés. Cette difficulté d’identification peut aussi être imputée à un manque de documentation scientifique précise au sujet de nombreuses espèces. Les chrysides se distinguent notamment des autres guêpes par leur faible nombre de segments abdominaux externes. Leur brillance particulière est en partie due à la structure de leur exosquelette. Les pigments naturels ont en fait peu d’effet sur les couleurs que l’œil humain y voit. La structure complexe de l’exosquelette, présentant en surface des trous et des crêtes de taille microscopique, crée cette illusion de couleurs métallisées. On appelle cela des couleurs structurelles. On peut retrouver ce phénomène notamment sur la queue des paons.

La Chryside Enflammée

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On trouve la Chryside Enflammée (Chrysis Ignita) dans toute l’Europe. C’est l’une des espèces les plus courantes en France. D’une longueur comprise entre 5 et 10 mm pour les adultes, leur corps est composé de différentes couleurs, au lustre métallique. La tête et le thorax sont d’un bleu-vert brillant, présentant parfois des reflets dorés. L’abdomen lui est d’un rouge rubis plutôt foncé. La taille de l’Ignita adulte est très variable car cela dépend de la quantité de nourriture que la larve aura eue à disposition. En effet, suivant l’espèce parasitée, la dose de nourriture diffère. Chrysis Ignita parasite en majorité les abeilles maçonnes, d’où leur présence dans certains Dorlotoirs.

Comment les guêpes-coucou parasitent-elles leurs hôtes ?

guepe-coucou

Ces guêpes-coucou sont vraiment fascinantes, et cela est en partie dû à leur système de reproduction. Nous en parlions plus haut, ce sont des cleptoparasites, et souvent des parasitoïdes. Les guêpes-coucou parasitent surtout d’autres aculéates solitaires comme des guêpes ou des abeilles. La guêpe-coucou s’immisce dans un nid encore en construction et pond une larve à proximité de la larve de l’hôte. Elles peuvent même infester plusieurs cellules en enfilade. Il y a ensuite 3 suites possibles, qui dépendront de plusieurs facteurs comme l’espèce de l’hôte, la quantité de nourriture disponible, le type de nourriture etc…

  • Dans le premier cas, la larve de la chryside se nourrit de l’œuf de l’hôte ou de la jeune larve, pour ensuite s’attaquer aux réserves de nourriture accumulées par l’hôte.
  • Dans le second cas, la larve parasite attend que la larve hôte se soit nourrie de toutes les réserves, avant de la tuer et de la manger. Cela arrive quand l’espèce parasitée est un apoïde stockant du pollen, pollen qui ne peut être synthétisé par la larve parasite.
  • Dans le troisième cas, plus rare, les 2 larves se développent côte à côte, grâce aux réserves de nourriture quand celles-ci sont suffisantes pour 2 bouches à nourrir.

La stratégie de défense des guêpes-coucou

Pour se protéger des attaques de leur hôte, les Chrysides ont développé une particularité physique remarquable. Quand l’hôte se rebiffe et menace de son dard et de ses mandibules la chryside, notre guêpe-coucou peut littéralement se rouler en boule. La dureté de son abdomen, véritable cuirasse, et sa forme concave sur la surface ventrale permettent à la chryside de mettre à l’abri antennes et pattes et ainsi d’éviter les piqûres ou les mutilations. Tout ce que pourra faire l’hôte sera alors pousser la chryside en dehors du nid.

Les guêpes-coucou ne sont pas les seules prédateurs pouvant s’attaquer aux nids des abeilles sauvages. Découvrez notre article sur les autres prédateurs et parasites qui peuvent affaiblir les abeilles solitaires.